Attention conjointe
De la philosophie de l'attention aux stickers citoyens dans les bibliothèques : on arrête de masquer les débats, on décode.
Le mot #stimulant
Attention conjointe - Vivarium, Tanguy Viel, 2024
“Il existe une notion en psychologie qu’on appelle l’« attention conjointe ». On dit qu’elle est une des rares choses qui nous séparent de l’animal. L’attention conjointe est notre capacité à montrer quelque chose à quelqu’un et à se réjouir de ce partage. On dit que cela commence vers l’âge d’un an : l’enfant se met à pointer les choses du doigt puis jette un regard vers sa mère afin de vérifier qu’elle regarde aussi. Et alors, si elle suit le mouvement de son doigt, si elle acquiesce à l’objet désigné, l’enfant sourit, heureux de ce partage. Ainsi, parmi les spécificités de l’être humain, il n’y aurait pas seulement son impressionnante capacité à désigner les choses mais le partage même de cette qualité.
La multiplication de l’une par l’autre, s’entraînant mutuellement, aura sûrement beaucoup contribué au développement du cerveau humain, adossé à la jouissance qu’il s’est mis à trouver dans cette double contemplation : qu’un monde existe et qu’on le partage. Je me demande si la littérature n’est pas une grande affaire d’attention conjointe, une prosodie déictique qui ne cesserait de recréer le socle de la désignation, aussi satisfaite de la communauté qu’elle invente que des objets qu’elle désigne, aussi fière de refonder le pacte qui y lie ses adeptes que de traiter de tous les sujets.”
Pourquoi ce mot ? Non seulement l’expression est magnifique mais en plus le lien à la littérature proposé par Tanguy Viel est brillant ! Voilà qui résonne avec la philosophie de Peter Sloterdijk. Pour lui, l'extase est une ouverture au monde stimulée par l'autre, une extase qui n’est pas un délire mais une relation sans cesse renouvelée de fascination pour L’existence de monde imaginaires ou réels. Voilà qui me parle beaucoup (j’ai l’impression de vivre ma vie comme une série tv, et j’ai jamais compris pourquoi !).
L’article #inspirant
« L’universalisme ciblé signifie fixer des objectifs universels poursuivis par des processus ciblés pour atteindre ces objectifs. (…) Bien que nous puissions d’abord tourner notre attention vers les préjudices que subit un groupe de personnes en particulier, nous risquons de minimiser l’efficacité et la durée d’un changement si nous ciblons le “groupe de personnes” plutôt que le “groupe de structures” qui a créé le problème qu’elles subissent. » (p. 32)
Pourquoi cet article ? L’ingénierie publique française conçoit d’excellents schémas directeurs (trames, plans, etc.), mais elle planifie à partir de structures théoriques sans partir des pratiques réelles ni reboucler sur elles. En début de mandat, la bascule de l’universalisme ciblé imposerai deux changements :
On ne part pas des structures, on part des pratiques : Au lieu de dessiner une trame sur une carte en postulant son efficacité, on scanne les routines vécues. La sociologie des pratiques révèle, par exemple, que les personnes âgées n’utilisent pas une place végétalisée parce qu’il manque des bancs à l’ombre tous les 50 mètres sur leur trajet vers la pharmacie, ou que des habitantes évitent un parc arboré par manque de sentiment de sécurité en soirée. Le diagnostic des usages réels redéfinit la forme de l’infrastructure à bâtir.
On évalue en rebouclant sur les trajectoires, pas sur les livrables : Aujourd’hui, l’évaluation est comptable (« 5 000 arbres plantés »). L’universalisme ciblé exige de mesurer les effets systémiques : « le taux d’hospitalisation des 10 % d’habitants les plus vulnérables ont-ils baissé lors de la dernière canicule ? ». Si la réponse est non, le plan est recalibré et le budget réorienté en continu tant que l’objectif universel des 100 % n’est pas atteint pour ces groupes.
C’est le véritable défi : passer d’une posture de planificateurs d’infrastructures théoriques à celle de pilotes de trajectoires de vies réelles. Les plans ne sont plus des livrables figés, mais des hypothèses de travail que les pratiques des habitants viennent corriger et percuter en continu. Accepter une évaluation itérative ("l'apprentissage par l'action") : Le rapport de Berkeley insiste là-dessus : l'évaluation n'est pas un couperet de fin de mandat, c'est un capteur permanent pour « recalibrer la stratégie au fil du temps ». On accepte de ne pas tout savoir au début. On pose une infrastructure, on regarde comment les pratiques des habitants s'en saisissent, on ajuste les budgets le mois d'après si les indicateurs ne bougent pas…
Le #Carton Rouge aux faux débats sur le pluralisme en bibliothèque
En France comme aux États-Unis, les bibliothèques publiques font face à de vives tensions politiques. Entre les demandes de retrait de certains livres (jugés racistes, sexistes ou militants), les pressions de certains élus locaux et la peur des polémiques, le principe historique de neutralité et de pluralisme des collections se retrouve bousculé. C'est dans ce climat qu'a eu lieu l’année dernière le 70e congrès de l'Association des bibliothécaires de France (ABF) autour d'un thème central : l'esprit critique.
Quant au devoir de neutralité, il suppose de ne pas favoriser tel ou tel usager. Ce qui recoupe le pluralisme des collections : toutes les opinions doivent être représentées en bibliothèque. Toutes ? C’est là que le débat s’enflamme.
Pourquoi ce carton rouge ?
Il n’y a rien qui va dans cet article qui raconte ces séquences du congrès Je suis assez déçu par la qualité du débat mais je suis contente qu’il existe grâce à toi en particulier Mathilde et à nos 2 connards favoris qui racontent très bien ce Congrès. Je suis depuis longtemps ces questions et j’ai écouté les conférences en intégralité.
Mon avis : je déteste le pluralisme de façade, qui consiste à aligner des ouvrages sans discernement sous prétexte qu’ils ne sont pas interdits par la loi. C’est une dangereuse démission professionnelle. Réduire la bibliothèque à un libre-service de contenus, c’est confondre la démocratie avec le relativisme, et ouvrir la porte aux discours de haine et à la xénophobie en les élevant au rang d’opinions légitimes. En brandissant la neutralité pour légitimer des présentations brutes de sujets brûlants, on capitule devant le travail de médiation.
Ici, tout le monde fait fausse route dans un triple renoncement. D’un côté, ceux qui instrumentalisent le pluralisme pour banaliser et normaliser les idées d’extrême droite. De l’autre, ceux qui calquent leur peur de la censure sur le modèle des guerres culturelles américaines alors que le cadre juridique français pénalise déjà les délits de haine. Enfin, ceux qui abdiquent face à la médiation du quotidien, préférant la posture de logisticiens neutres au courage de la contextualisation.
Donner un accès brut à l’information ne suffit plus à l’ère de la saturation et de la polarisation ; c’est la médiation des savoirs qui doit redevenir le cœur battant du métier. J’ai passé 15 ans à le décrire le documenter l’illustrer…notamment dans notre livre avec Lionel Dujol. Prétendre manquer de moyens pour mettre en œuvre des dispositif de médiation est trop souvent un faux prétexte pour masquer un renoncement politique. Le rôle du bibliothécaire n’est pas d’être un logisticien neutre mais un passeur critique qui crée des dispositifs pour contextualiser, mettre en perspective et outiller le citoyen pour construire une pensée autonome. La médiation n’est pas un bonus budgétaire, c’est le seul rempart contre la confusion des savoirs.
Où est l’attention conjointe quand on balance les couvertures de Valeurs actuelles sans aucun signal dans le mur des périodiques d’une bibliothèque d’un quartier populaire ? Où est-elle quand on met sur les tables des nouveautés les livres de Zemmour qui appellent à la haine et à la misogynie ?
Et s’il fallait inventer des outils de médiation simples, efficaces et pas chers ? Certaines villes l’ont fait ! (voir plus bas).
L’initiative #réjouissante
Vital’im est né d’un constat : de nombreux foyers en Seine-Saint-Denis ne parviennent pas à se nourrir suffisamment, de manière saine et durable. L’enjeu de sécurité alimentaire a ainsi amené le Département à s’inscrire dans cette lutte contre les précarités alimentaires par la mise en œuvre de politiques alimentaires durables, alliant justice sociale et écologique.
Concrètement :
529 ménages séquano-dionysiens, touchant 50€ par mois et par personne sur 6 mois ;
un système de bonification de 50% du montant dépensé lorsque les achats étaient réalisés dans un point de vente durable ou qu’il s’agissait d’achats de fruits et légumes frais ;
un accompagnement en parallèle pour s’orienter vers une alimentation durable et saine et se former avec des acteurs spécialistes de la nutrition ;
4 villes test : Montreuil, Sevran, Villetaneuse et Clichy-sous-Bois ;
une carte pour les étudiant·es, les personnes âgées, les ménages vivant en quartier prioritaire de la ville, les femmes enceintes ou avec enfants en bas âge.
et les résultats ?
À la fin de l’expérimentation, l’insuffisance alimentaire quantitative a diminué de moitié. En outre, le dispositif a eu un impact significatif sur les pratiques des usager·ères qui ont pu modifier leurs habitudes de consommation alimentaire, ce qui a permis d’enclencher un changement de pratiques qui s’est maintenu dans une certaine mesure. Cette tendance a été confirmée 6 mois après l’arrêt des transferts monétaires dans le cadre d’un suivi par le Département. Le frein financier reste le principal obstacle au maintien des pratiques.
Pourquoi cette initiative ? L'expérimentation VITAL’im est une initiative formidable car elle valide la mécanique de l'universalisme ciblé en répondant au défi de la sécurité alimentaire par les pratiques réelles. En ciblant des groupes sociaux spécifiques (étudiants, femmes enceintes, seniors) via un bonus financier de 50 % sur le frais et le local, le Département a ciblé les verrous structurels du quotidien. Les résultats sont indiscutables : l'insuffisance alimentaire a diminué de moitié et le changement de comportement s'est maintenu dans le temps. Surtout, le suivi six mois après prouve que le frein financier reste le principal verrou. Pour passer à l'échelle sans épuiser les budgets en chèques éternels, la suite logique consiste à utiliser ce point de bascule pour investir dans l'infrastructure durable (structuration de filières locales, coopératives, tarification solidaire)…
Dispositif #Robuste&Désirable
Cet article est issu des réflexions prospectives du Ministère du futur
L’opération « Stickers Critiques & Citoyens » à Lyon
À Lyon, les bibliothèques municipales parient sur l’intelligence collective pour rendre visibles les débats complexes qui entourent certains livres. Plutôt que de masquer la sensibilité de certains choix ou d’imposer une neutralité passive, le dispositif des « Stickers Critiques » invite les habitants à analyser la rhétorique des ouvrages polémiques lors d’ateliers et à choisir collectivement les macarons de contextualisation à apposer sur leurs couvertures.
C’est une petite révolution de bon sens qui s’est déployée dans tout le réseau des bibliothèques municipales de Lyon. Pour court-circuiter les faux débats sur le pluralisme et la censure qui agitent la profession, une bibliothèque de quartier populaire a testé une méthode inédite : rendre lisibles les débats de société et assumer publiquement le côté délicat du choix de certains livres. Désormais, les outils de signalétique et de médiation critique sont discutés, choisis et collés en direct par les habitants eux-mêmes, aux côtés des équipes.
Le principe : un macaron co-construit pour équiper le regard
Le protocole repose sur le déploiement de ces stickers citoyens. Une fois par mois, lors de l’atelier « On décode ensemble », usagers, jeunes du quartier, parents et bibliothécaires s’asseyent autour d’une table avec les livres qui saturent l’espace public et attisent les tensions (des essais politiques aux classiques littéraires). Sans tabou, on décortique la construction du discours.
« Au début, on craignait que ça tourne au clash, raconte Myriam, bibliothécaire à l’origine du projet. Mais quand on met les textes à plat, les gens sortent immédiatement de l’invective. On n’est pas là pour dire si le livre a sa place ou non en bibliothèque, mais pour rendre visible la controverse qu’il suscite. »
Mieux encore : le dispositif a créé un nouveau réflexe chez les usagers. Ce ne sont plus seulement les bibliothécaires qui sélectionnent les livres délicats ; ce sont les publics eux-mêmes qui, au fil de leurs lectures, détectent les ouvrages posant question et les proposent pour le prochain atelier en y apposant temporairement un sticker provisoire : « Livre en débat ».
Trois cas d’école passés au scan du dispositif :
Bandes Dessinées : Tintin au Congo (Hergé)
Le problème : Une œuvre patrimoniale mais truffée de stéréotypes racistes et coloniaux de l’époque (1931), lue par de très jeunes enfants sans aucun recul historique.
Le choix du sticker : « Clés de lecture requises » ou « Recul critique conseillé ». On assume de prêter ce grand classique, mais on rend son caractère délicat immédiatement visible pour le parent ou le jeune lecteur, signalant qu’il s’agit d’un reflet du contexte colonial de sa création.
Rayon Actualité / Politique : La France n’a pas dit son dernier mot (Éric Zemmour)
Le problème : Un best-seller politique aux thèses idéologiques radicales, souvent placé sur les tables des nouveautés par automatisme statistique (gros chiffres de vente), sans que la complexité de sa présence soit matérialisée.
Le choix du sticker : « Penser par soi-même : lisez aussi la contradiction». Le sticker sort de la passivité institutionnelle : il pousse l’usager à ne pas consommer cette thèse de manière isolée et l’invite à emprunter un ouvrage en contre-champ.
Rayon Développement personnel : Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus (John Gray)
Le problème : Un best-seller mondial absolu, constamment emprunté, qui enferme les genres dans des stéréotypes comportementaux essentialistes et datés. Sa présence massive sans recul valide l’idée d’une inégalité de nature “biologique” ou “psychologique” indépassable entre les femmes et les hommes.
Le choix du sticker : « Contenu à décoder / Points de vue clivants ». Le livre reste en libre-service car il fait partie de l’histoire éditoriale, mais le sticker alerte sur la grille de lecture sexiste et binaire qu’il véhicule. L’encart invite à bousculer ces clichés en suggérant en contre-champ des essais contemporains de sociologie ou de neurosciences sur la construction sociale du genre.
Évaluation par les usages : de l’expérimentation à l’enveloppe municipale
Le réseau lyonnais n’a pas décrété l’efficacité du dispositif sur papier. L’impact réel des messages a été scrupuleusement mesuré et affiné pendant une phase d’expérimentation d’un an dans deux établissements tests (notamment à la Duchère).
Face aux résultats empiriques indiscutables — notamment une augmentation de 42 % de prêts croisés vers des ouvrages de contradiction grâce au sticker « Penser par soi-même » —, la Ville de Lyon s’est laissée totalement convaincre. La municipalité a ainsi mobilisé une enveloppe budgétaire pérenne de 30 000 € entièrement dédiée à la pérennisation du projet : ce budget permet de financer l’animation des ateliers citoyens, le recours à des graphistes pour concevoir des stickers robustes et qualitatifs, et l’essaimage du dispositif à l’échelle des 16 bibliothèques du réseau métropolitain.
L’évaluation continue a également permis d’affiner la tonalité des étiquettes au fil des mois grâce aux retours des usagers :
L’Option 1 (« Analyse critique nécessaire », « Recul conseillé ») a été plébiscitée par les familles sur les bandes dessinées historiques comme Tintin. Elle rassure les parents sans stigmatiser l’enfant.
Pour les livres politiques actuels, les habitants ont préféré écarter les termes trop moralisateurs et imposer l’usage de « Propos en débat » ou « Document d’opinion », jugés plus respectueux de leur liberté de penser.
« Au bout de six mois, on s’est rendu compte que certains stickers braquaient les lecteurs au lieu de les ouvrir au dialogue, explique Thomas, coordinateur de l’évaluation du réseau de Lyon. C’est la force de l’apprentissage par l’action : on a changé les intitulés en atelier avec les habitants. Le sticker n’est pas un jugement définitif, c’est un outil vivant que l’usage vient corriger. »
La fierté d’un débat public partagé
L’ouvrage retourne ensuite en rayon équipé du macaron choisi. Sur ce sticker, une mention épurée interpelle le lecteur suivant, rendant le choix d’acquisition transparent et l’invitant à rejoindre la démarche :
« Ce sticker a été choisi collectivement par les habitants du quartier lors de l’atelier “On décode ensemble”. Pour participer au prochain débat et choisir les clés de lecture, inscrivez-vous auprès des bibliothécaires. »
Cette appropriation citoyenne a métamorphosé le rapport au lieu. Dans ces quartiers populaires, certains publics — notamment les jeunes adultes et les usagers réguliers des comités de lecture — sont aujourd’hui très fiers de montrer tout ça. Ils amènent leurs proches dans les rayons pour leur faire voir les livres qu’ils ont eux-mêmes analysés et “stickés”. La bibliothèque n’est plus un distributeur passif de contenus descendants, elle est devenue le théâtre de leur propre expertise citoyenne.
Yassine, 22 ans, habitant du quartier et participant régulier, témoigne de ce changement de posture :
« D’habitude, la bibliothèque cache le fait que certains livres posent question ou alors elle applique des règles venues d’en haut. À Lyon, on met les cartes sur la table. Quand je montre à mes potes le sticker sur un livre chaud que j’ai moi-même repéré en rayon et aidé à analyser, je me dis qu’on respecte enfin notre intelligence. On ne nous cache pas les tensions du monde, on nous fait confiance pour y faire face et pour faire évoluer le dispositif si ça ne marche pas. »
Pourquoi ce dispositif est robuste et désirable ?
Parce qu’il résout le triple renoncement du moment. On sort enfin de la posture du logisticien passif sans pour autant jouer aux censeurs ou aux arbitres du goût. En co-construisant ces stickers simples et pas chers avec les habitants, la bibliothèque applique la logique même de l’universalisme ciblé : elle ne plaque pas une structure théorique ou descendante sur ce qu’il faut penser, elle part des pratiques réelles, évalue les impacts concrets sur les lecteurs et explicite le caractère délicat du débat public pour équiper les esprits.
On redonne aux citoyens les clés pour fabriquer une pensée autonome. C’est la traduction parfaite de l’attention conjointe : on ne cache pas les couvertures qui dérangent sous le tapis des présentoirs, on s’installe ensemble autour d’elles pour apprendre à les désigner, les décoder, et rebâtir un pacte critique commun. C’est robuste, c’est immédiat, et c’est profondément désirable.







Pour l'attention, c'est Simone Weil, puis Iris Murdoch les grandes spécialistes… Et Murdoch en a fait le centre son œuvre.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-iris-murdoch-philosophe-des-drames-ordinaires
Juste parce que je suis plongé dans Murdoch en ce moment ;-)